Mono-Poly Chrome.

Tout à l’heure, j’ai décidé de prendre mon téléphone pour appeler celles et ceux qui me connaissaient. Après avoir feuilleté un répertoire imaginaire, je me suis rendu à l’évidence. J’étais seule, immensément seule. Alors j’ai fais appel à la Nostalgie, à la muse des jolis souvenirs. Je lui ai dit que j’avais moi-même perdu l’inspiration, qu’un jour, j’avais perdu l’homme que j’aimais. Elle a sourit. Elle a sourit puis elle m’a regardé droit dans le coeur avant de me demander avec une voix qui touche l’âme "Penses-tu réellement avoir perdu quelque chose ?". Les souvenirs me revinrent en mémoire, mes yeux s’embuèrent : ma Mémoire me parlait. Elle me narrait la beauté de mon premier amour, la chaleur de nos etreintes, la brillance des sourires qui me nourrissaient. A cet instant, j’ai compris la malice cachée dans le sourire de la Nostalgie. La Mémoire garde secrètement toutes les choses qu’on pense envolées. Ces dernières ne quittent pas la terre mais s’enfoncent en nous, dans les profondeurs bien souvent douloureuses de ce que nous sommes. Je suis nostalgique. Cruellement. Et si je suis cruellement nostalgique c’est parce que je me sens cruellement seule. 
"Je t’aime, tu me manques." C’est puérile mais j’ai besoin de réécrire ce genre de conneries.Je pense à toi, j’ai envie d’être dans tes bras, je me fous des autres, il n’y a que toi, je veux tes lèvres, tu me rends jolie, j’ai du mal à penser à autre chose qu’à toi, je me fous de ce qui m’entoure, j’espère que tu dors paisiblement mon amour, appelle moi quand tu as un moment chaton, on se voit vite mon chéri, ta peau me manque, tu es celui que j’attendais, j’aime tes jolis défauts, tu sens bon, t’es beau quand tu dors, je t’aime un peu plus chaque jour, je ne sais pas comment je ferais sans toi…
Foutaise, certes, mais foutaise que l’on prononce quand on est amoureux car quand on est amoureux, on devient aussi un peu con. J’aimerais aimer sans être complètement stupide alors s’il existe un sourire qui se contentera d’un"t’es beau quand tu dors" en guise de”je t’aime” pathétique, qu’il m’appelle à son tour, on se rendra heureux.
Alors oui, tout à l’heure j’ai appelé la Nostalgie et remué inutilement le passé. Mais lorsque j’ai eu la Mémoire en double-appel j’ai compris une chose fondamentale : on ne perd jamais ni les choses, ni les êtres. On apprend seulement à avancer en les reléguant au second plan quand ils nous ont fait du mal ou quand ils nous ont abandonnés. Mes appels à l’aide effectués, j’ai raccroché mon téléphone. La Nostalgie et la Mémoire, elles, ont alors replongé au fond de mes entrailles. 
- Elles ont plongé sans que je ne le souhaite, emportant avec elles les souvenirs éclatants qui ternissent mon quotidien. En réalité je suis cruellement nostalgique du temps d’avant depuis que mon présent m’apparaît douloureusement insipide.

Tout à l’heure, j’ai décidé de prendre mon téléphone pour appeler celles et ceux qui me connaissaient. Après avoir feuilleté un répertoire imaginaire, je me suis rendu à l’évidence. J’étais seule, immensément seule. Alors j’ai fais appel à la Nostalgie, à la muse des jolis souvenirs. Je lui ai dit que j’avais moi-même perdu l’inspiration, qu’un jour, j’avais perdu l’homme que j’aimais. Elle a sourit. Elle a sourit puis elle m’a regardé droit dans le coeur avant de me demander avec une voix qui touche l’âme "Penses-tu réellement avoir perdu quelque chose ?". Les souvenirs me revinrent en mémoire, mes yeux s’embuèrent : ma Mémoire me parlait. Elle me narrait la beauté de mon premier amour, la chaleur de nos etreintes, la brillance des sourires qui me nourrissaient. A cet instant, j’ai compris la malice cachée dans le sourire de la Nostalgie. La Mémoire garde secrètement toutes les choses qu’on pense envolées. Ces dernières ne quittent pas la terre mais s’enfoncent en nous, dans les profondeurs bien souvent douloureuses de ce que nous sommes. Je suis nostalgique. Cruellement. Et si je suis cruellement nostalgique c’est parce que je me sens cruellement seule. 

"Je t’aime, tu me manques." 
C’est puérile mais j’ai besoin de réécrire ce genre de conneries.
Je pense à toi, j’ai envie d’être dans tes bras, je me fous des autres, il n’y a que toi, je veux tes lèvres, tu me rends jolie, j’ai du mal à penser à autre chose qu’à toi, je me fous de ce qui m’entoure, j’espère que tu dors paisiblement mon amour, appelle moi quand tu as un moment chaton, on se voit vite mon chéri, ta peau me manque, tu es celui que j’attendais, j’aime tes jolis défauts, tu sens bon, t’es beau quand tu dors, je t’aime un peu plus chaque jour, je ne sais pas comment je ferais sans toi…

Foutaise, certes, mais foutaise que l’on prononce quand on est amoureux car quand on est amoureux, on devient aussi un peu con. J’aimerais aimer sans être complètement stupide alors s’il existe un sourire qui se contentera d’un"t’es beau quand tu dors" en guise de”je t’aime” pathétique, qu’il m’appelle à son tour, on se rendra heureux.

Alors oui, tout à l’heure j’ai appelé la Nostalgie et remué inutilement le passé. Mais lorsque j’ai eu la Mémoire en double-appel j’ai compris une chose fondamentale : on ne perd jamais ni les choses, ni les êtres. On apprend seulement à avancer en les reléguant au second plan quand ils nous ont fait du mal ou quand ils nous ont abandonnés. Mes appels à l’aide effectués, j’ai raccroché mon téléphone. La Nostalgie et la Mémoire, elles, ont alors replongé au fond de mes entrailles.

- Elles ont plongé sans que je ne le souhaite, emportant avec elles les souvenirs éclatants qui ternissent mon quotidien. En réalité je suis cruellement nostalgique du temps d’avant depuis que mon présent m’apparaît douloureusement insipide.


Renan Luce - Appelle quand tu te réveilles
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Appelle quand tu te réveilles - Renan Luce

Moi c’que j’ai sur le cœur c'est pas l'genre qu'on bégaye sur un répondeur.


Il y a une angoisse sensible dans le manque qui gagne ma chair, une lourdeur dérangeante dans la solitude qui m’habite. Ce sentiment diffus de souffrance intérieur est un peu plus corrosif chaque jour. J’ai l’impression que ce qui me servait de coeur dans le passé dysfonctionne chaque jour un peu plus. J’ai le sentiment que la distance entre mes désirs et le réel est chaque jour un peu plus longue. J’ai de plus en plus de mal à accepter la non-réciprocité de mes attirances infondées. J’ai de plus en plus de mal à accepter l’attente que le monde m’impose. J’en ai assez de faire comme si les choses me glissaient dessus, comme si rien ne me touchait. J’ai besoin de quelqu’un à qui sourire, de quelqu’un à qui penser, de quelqu’un à qui donner la tendresse qui m’inonde. J’ai besoin de quelqu’un qui me sourit, de quelqu’un qui pense à moi, de quelqu’un qui m’offre la tendresse qui l’inonde. Je suis lassée d’observer sans être vu, de vouloir sans avoir, d’aimer sans l’être. J’ai besoin de retrouver la beauté qui s’est en aller, de retrouver le sourire niais qui m’accompagnait autrefois, de retrouver l’éclat des jours où moi aussi j’avais continuellement les pensées prises. J’ai besoin de me sentir exister de nouveau, besoin d’être aimé une nouvelle fois.  
- J’ai besoin de combler momentanément avec du fini le vide infiniment humain qui m’habite.

Il y a une angoisse sensible dans le manque qui gagne ma chair, une lourdeur dérangeante dans la solitude qui m’habite. Ce sentiment diffus de souffrance intérieur est un peu plus corrosif chaque jour. J’ai l’impression que ce qui me servait de coeur dans le passé dysfonctionne chaque jour un peu plus. J’ai le sentiment que la distance entre mes désirs et le réel est chaque jour un peu plus longue. J’ai de plus en plus de mal à accepter la non-réciprocité de mes attirances infondées. J’ai de plus en plus de mal à accepter l’attente que le monde m’impose. J’en ai assez de faire comme si les choses me glissaient dessus, comme si rien ne me touchait. J’ai besoin de quelqu’un à qui sourire, de quelqu’un à qui penser, de quelqu’un à qui donner la tendresse qui m’inonde. J’ai besoin de quelqu’un qui me sourit, de quelqu’un qui pense à moi, de quelqu’un qui m’offre la tendresse qui l’inonde. Je suis lassée d’observer sans être vu, de vouloir sans avoir, d’aimer sans l’être. J’ai besoin de retrouver la beauté qui s’est en aller, de retrouver le sourire niais qui m’accompagnait autrefois, de retrouver l’éclat des jours où moi aussi j’avais continuellement les pensées prises. J’ai besoin de me sentir exister de nouveau, besoin d’être aimé une nouvelle fois.  

- J’ai besoin de combler momentanément avec du fini le vide infiniment humain qui m’habite.


 - Little things
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Little things

"I know you’ve never love the sound of your voice on tape."


Ce n’est plus de l’amour qui m’habite aujourd’hui et c’est sûrement pour cette raison que le vide de sa présence m’apparaît si idiot. J’ai du balayer son image et le son de sa voix pour tenter d’oublier qu’il formait ce qui j’aimais, pour tenter d’oublier nos caresses et nos pseudos-confidences. Mais j’ai de la tendresse pour lui. J’aimerais pouvoir m’effondrer dans ses bras quand je me sens proche de l’implosion. Son corps m’est familier, je connais sa peau, son odeur. Ce sont le genre de choses qui font du bien quand on se sent divaguer. Hier soir j’ai repensé à son visage le jour où il m’a dit qu’il me demanderait bien en mariage, alors que je ne portais sur le dos que sa vulgaire marinière. Je me souviens de nos derniers messages, de ces larmes qui noyaient mon visage. Je me souviens de la tristesse de cette jolie fin, de sa jolie bouille de gamin. Mes mains pleines d’encre, pleines de mots et tellement pleines d’amour ont du apprendre à vivre sans lui, à ne plus caresser son cou. Elles ont du apprendre à ne plus se perdre dans ses cheveux bruns, à ne plus songer à demain. C’est troublant de savoir qu’il aime quelqu’un d’autre, qu’il est de nouveau amoureux. Parfois ça me fait mal de les voir heureux car un jour ces sourires furent les nôtres. 
- Et même si on s’est perdus en grandissant, c’était joliment adolescent. 

Ce n’est plus de l’amour qui m’habite aujourd’hui et c’est sûrement pour cette raison que le vide de sa présence m’apparaît si idiot. J’ai du balayer son image et le son de sa voix pour tenter d’oublier qu’il formait ce qui j’aimais, pour tenter d’oublier nos caresses et nos pseudos-confidences. Mais j’ai de la tendresse pour lui. J’aimerais pouvoir m’effondrer dans ses bras quand je me sens proche de l’implosion. Son corps m’est familier, je connais sa peau, son odeur. Ce sont le genre de choses qui font du bien quand on se sent divaguer. Hier soir j’ai repensé à son visage le jour où il m’a dit qu’il me demanderait bien en mariage, alors que je ne portais sur le dos que sa vulgaire marinière. Je me souviens de nos derniers messages, de ces larmes qui noyaient mon visage. Je me souviens de la tristesse de cette jolie fin, de sa jolie bouille de gamin. Mes mains pleines d’encre, pleines de mots et tellement pleines d’amour ont du apprendre à vivre sans lui, à ne plus caresser son cou. Elles ont du apprendre à ne plus se perdre dans ses cheveux bruns, à ne plus songer à demain. C’est troublant de savoir qu’il aime quelqu’un d’autre, qu’il est de nouveau amoureux. Parfois ça me fait mal de les voir heureux car un jour ces sourires furent les nôtres. 

- Et même si on s’est perdus en grandissant, c’était joliment adolescent.